Journal de Mademoiselle Eleanor Woodsberry
Dans ce journal je compte répertorier les différentes affaires qui me seront à l'avenir confiée et qui m'amènerons à croiser le chemin de l' Ombre, ainsi que les anecdotes et les informations si rapportant.
Qui ne plaise qu'a Dieu de possédé entre ses mains mon destin et celui de ce journal.
10 septembre 1869
Comment cela a commencé déjà ? Il y a si peu de temps et pourtant il me semble que toute une vie vient de passer.
Il y a encore quelque temps, j'étais une privilégiée, vivant dans l'oisiveté que m'apporte ma naissance et la richesse de ma famille. Je menais une vie de prélats comme dit mon très chère oncle, Lord Woodsberry. Un homme plein de surprise. Je ne mesurais pas à qu'elle point.
Voilà quelques semaines, maintenant, que ma tante Grace Rollings, s½ur de ma mère et épouse du colonel est décédée. Elle n'avait que 30 ans. Toute la famille c'était réunis comme elle ne le fait quand ces tristes circonstance, dans le domaine familial a Parkson Manor. Je n'avais de cesse de ressentir un malaise au sein de cette demeure dans laquelle ma tante vivait depuis le décès de son époux, voilà 10 ans. Tous se passait aux mieux comme cela peut l'être en ces moments douloureux. Chacun se gardait bien de montrer trop de chagrin qu'il en est vraiment ou pas. Et moi je ravalais mes larmes, autant que je pus. Et celles qui m'échappèrent furent réprimer par les regards de ma mère et ma grand-mère, pour qui la bienséance prime avant toute chose. J'entends encore le bruit mate de la stèle que l'on installe après le dépôt du cercueil dans le caveau familiale. Voilà, c'est ici que tout a commencé [ ... ]
__________
Deux mois auparavant
Le soir était chaud et les oiseaux crépusculaire faisaient entendre, dans le parc du manoir, leur chant annonciateur de nuit. Eleanor, nimbée de noir, parcourait avec mélancolie le perron de la grande demeure. La soie de sa robe chantait tristement a chacun de ses pas, accompagnant les murmures de voix et l'incessant piaillement des martinets.
Dans le grand salon éclairé, la famille discutaient autour d'un verre sur les causes réelles de la mort de sa tante tant aimé. Elle avait bien entendu parler d'anémie et même de syphilis, mettant en avant sa vie trop dissolue. Des mots bien vite conjurés quand elle s'approchait pour en savoir plus. Car en réalité Eleanor ignorait cruellement les raisons du décès de Grace, morte bien trop jeune.
Posant son verre de liqueur, elle plongea son regard dans le parc. Entre deux sapins séculaire, une ombre furtive l'intrigua. Elle reconnaissait aisément la silhouette de son oncle. Pourquoi s'enfonçait-il dans la forêt en jetant derrière lui des regards méfiant ?
Ne tenant plus de tous ses secrets que son oncle paraissait garder pour lui depuis toujours, la jeune fille descendit les marches du perron et s'enfonça à son tour dans le parc.
[ ... ] Intrigué, je le suivis. Je voulais savoir quel obscur secret me cachais depuis si longtemps, cet homme si mystérieux qui est pour moi un père et un confident. Et je ne doutais pas qu'il me menait vers l'une de ses révélations. Je le sentais au plus profond de moi comme une évidence. Je pouvais presque percevoir ses sentiments et cela me troublait d'autant plus sur le chemin, que ces impressions m'étais coutumières. Ses pas me menèrent jusqu'à la petite chapelle. Que pouvait-il bien faire là ? Curieuse, je ne l'interpella nullement et le regardait s'afférer sur la porte du caveau familial qu'il finit par ouvrir. Je ne peux dire ce que je ressenti à ce moment tant j'avais le sentiment de ne plus être maitresse de mes actes. Fébrilement, je dois bien l'avouer, je m'engouffrais au bout de quelques minutes où je ne le vis pas réapparaitre, dans la petite chapelle et pénétrai par la porte du caveau. [ ... ]
Nerveusement, Eleanor teint dans ses mains le bas de sa robe. Les marches menant au caveau étaient raides et l'humidité régnante, les rendaient glissantes. Mais ce n'est pas se qui l'inquiétait le plus. Au fur et à mesure qu'elle avançait, des bruit sourd emplissait ses oreilles. Elle reconnut aisément le son de la stèle que l'on déplaçait de son socle et les gémissements d'un homme qui devait s'échiner à la déplacer. Parvenant dans un petit couloir menant a une dernière séries de marche, Eleanor s'arrêta un instant. La peur était forte et une voix lui criait de remonter au plus vite ; de courir et de s'enfermer dans sa chambre. Mais combien de fois elle voyait son oncle partir et revenir plus fatigué que jamais. Il y a des semaines de cela même, en moins d'une nuit ses cheveux c'étaient teintés brusquement de gris et quelque chose avait vieillit ses traits brutalement.
Et puis ... trop de silence, trop de regard.
Eleanor inspira profondément et sans faire de bruit descendit les quelques marche, pour pénétrer dans la salle funéraire, noyée dans la lumière des torches allumées et fumante.
Un cri terrifiant la pétrifia. Son cri, sorti tout droit des tréfonds de sa gorge. Sous ses yeux révulsés se tenait son oncle. A genoux sur le côté de la tombe ouverte, suspendus au dessus du cadavre de sa tante, il tenait dans une main un maillet et dans l'autre un pieu de bois. Un pieu qu'il s'apprêtait, manifestement, a enfonce dans le c½ur de Grace Rollings, dont la mort n'avait point fané la beauté.
Surpris, hébété, Nigel interrompit son pénible travaille.
- Eleanor, non !
Mais alors qu'il allait se lever pour accourir auprès de sa nièce prise de folie, se qu'il redoutait et voulait circonscrire se produisit. Grace, ouvrit les yeux et se releva. Eleanor, dont le c½ur s'arrêta de battre un instant, hurla de plus belle, trouvant refuge dans un renfoncement. Ne pouvait-il y avoir image plus immonde, plus abjecte que celui de cette dépouille dans sa tombe et cherchant à se relever, avec sur le visage un rictus démoniaque ?
Nigel, sentit brutalement les mains si forte de son ancienne maitresse, le prendre par le cou et serrer si fort que sa peau brûla. Étouffant, les yeux douloureux, Il frappa avec le maillet le crâne de Grace, utilisant toute la force que lui conférait les Voix de l' Art. La créature, vomit un sang noir sur sa robe verte, son corps emporté en avant par le choc. Vivement, Nigel, l'attrapa par les cheveux, tira et la remit en position allongé. Puis, sans faillir, avec toute la haine qu'il éprouvait pour le responsable de tous ceci et pour lui même, il planta en un seul coup, le pieu dans le c½ur de la défunte Grace Rollings.
Un silence lourd s'installa entrecouper des sanglots d'Eleanor qui se tenait péniblement contre une colonne.
- Eleanor ma chéri.
Voyant son oncle s'approcher d'elle, la jeune fille paniqua et se mit a courir vers les marches. Mais elle fut rattrapée aussitôt. Nigel la tenait fermement tandis qu' elle se débattait pour sortir de cette étreinte oppressante. Elle ne voulait pas savoir, ne voulais rien entendre et pire, s'imaginait déjà subir le même sort. Elle devenait folle.
- Non ! Pitié ne me fait pas de mal ! Je t'en prie ! hurla-t-elle en craignant pour sa vie.
- Eleanor, calme toi ! Calme toi ! Je ne te ferais aucun mal ... A force de répéter, de caresser, de tenir contre elle son enfant tant adoré, Eleanor cessa de bouger et trouva réconfort dans les bras de son oncle.
- Pourquoi ? Demanda-t-elle entre deux sanglots.
- Je vais tout te dire ! Tout ! Mais laisse moi rendre a Dieu notre Grace tant aimée. Qu'elle puisse, réellement, reposer en paix.
[...] J'accepta. Il m'installa sur les marches, mes jambes ne me portant plus. Puis il se rendit auprès de la tombe. Je le vois encore s'agenouiller et souffler aux oreilles de ma tante des souvenirs qui n'appartenait qu'à eux. Puis il laissa le pieux dans le c½ur et sans paraitre affecter par le poids de la stèle il la remit en place. Il m'emmena avec lui, tenant toujours dans sa main, le maillet goûtant du sang perverti. Nous remontâmes les marches pour sortir de la chapelle. Pendant tous notre chemin, il garda ma main dans la sienne et paraissait se méfié des bois plongés dans le noir. A un moment même, je me souviens maintenant, il s'inquiéta d'un craquement. Un animal certainement qui avait marché sur des brindilles. Et pourtant, il se figea quelque instant pour reprendre la marche au pas de course.
Nous entrâmes dans le manoir ou la famille continuer de digérer, inconsciente de ce qui venait de se passer. Sans se détacher de moi, il entra dans la grande bibliothèque et en referma les portes, à clés, à notre entrée. C'est ici, cette nuit, dans cette pièce, que le lourd secret me fut révélé ainsi que les circonstances exacte de la mort ou ... non-mort de ma tante [ ... ]
__________
Alors ? Qu'elle est le pouvoir qu'Eleanor a hérité enfant ? A vous de trouver ^^
Je vous laisse également deviner qu'elle film ma largement inspiré cette scène ...