Journal de Lord Nigel Woodsberry
Mon voyage fut long. Mais qu'il m'est agréable de retrouver les chênes qui parcourent le chemin de White Hall. De retrouver mes champs anglais et la douceur de ce printemps bien avancé. Un cadre de douceur qui balaie le chaos de ma dernière mésaventure. Mon séjour à Hong Kong a laissé plus que des souvenirs nébuleux. Elle ma marqué à jamais de sa griffe maudite. La cicatrice, récente, parcourt encore mon flanc et me tiraille par moment. Une blessure faite par une de c'est chienne de l'Ombre. Je m'en suis débarrassé et les laissé en régale à tous ceux qu'elle avait fait souffrir. Mais je ne doute pas que d'autres viendront. Leur soif de mal étant aussi prompt qu'une marée, le puits d'où elle émerge ne semble jamais tarit. J'ignorai alors, le fiacre cheminant sur la terre encore humide des pluies du matin, que l'Ombre avait osez franchir l'enceinte de ma propre famille.
Bercé par la voiture, le voyageur remua dans son esprit les tourments d'une bête qu'il avait piégé dans les rues insalubre de Hong Kong. Il revoyait encore ses longs cheveux sombre tournoyé et chercher sa proie. Et son crié suraigus faisait frémir à sa simple pensée ses tympans resté stigmatisé. Ses yeux brillant comme un soleil froid le réveillèrent. La sueur avait coulé le long de ses tempes et laissé place à un malaise presque nauséabond. C'est seulement en voyant, par-delà les cimes des arbres, les cheminées de sa maison qu'il se sentit rasséréné.
La calèche s'arrêta devant une grande demeure blanche, noyé dans une végétation hiérarchisé. Les fenêtres a guillotines, parcouraient la façade structuré par un architecte qui avait eu son temps de gloire un siècle auparavant. Le perron, fait de grande colonne ionique, avait subit un nettoyage de printemps et ne subsisté que la mousse de l'hiver qui avait teinté les murs comme les larmes sur un visage. Lord Nigel Woodsberry descendit nonchalamment de la voiture satisfait de voir que son personnel avaient su maintenir en l'état le manoir en son absence.
Portant faiblement sa quarantaine, Nigel avait tout du gentleman. Costume noir, droit et sans plis à la dernière mode ; gant de cuir tenant une canne utile et chapeau haut de forme moins grand que ne l'exigeait les codes vestimentaire du moment. Il réajusta sa lavallière beige piqué d'une perle noir en portant un regard serein au alentour. Qu'il lui était plaisant de revoir sa résidence secondaire. Mais l'accalmie ne dura qu'un instant et déjà il redouta le pire. Il y avait plus grand danger que les monstres de l'Ombre dans cette maison.
— Bonjour monsieur. Avez-vous fait un bon voyage ?
Nigel eu un sourire courtois pour son major d'homme, depuis des décennies, qui se saisissait déjà de son chapeau et de ses gants, en des gestes presque maniéré.
— Excellent Trevor. La ... famille est t-elle déjà là ?
— Oui, Monsieur. Ils sont arrivés voilà quatre jours.
Nigel eut une grimace pour l'élément majoritairement néfaste de cette réunion : Margaret Anne Woodsberry, épouse de son jeune frère, Charles. Une harpie à ses yeux, dont le seul bienfait qu'elle ait apporté sur terre fut l'unique enfant parvenu à sortir de ses entrailles et à avoir survécu à sa naissance : Eleanor Elisabeth Victoria Woodsberry. Une petite fille de quatre ans, qui faisait sa joie et comblait la place vide d'un héritier jamais venu et jamais désiré. Traversant le corridor carrelé de marbre noir et blanc ; passant un grand salon dont les moquettes étouffèrent le bruit de ses pas puissant, il se retrouva sur la terrasse. Elle, était là.
— Ah ! Nigel vous voilà enfin.
— Margaret. Nigel s'inclina respectueusement.
En quelque mois sa belle-s½ur n'avait pas changé. Le même teint marmoréen ; ces mêmes yeux bleu clair et limpide ; ce même nez retroussé, presque rebelle ponctué de tâche de rousseur ; et cette opulente chevelure blonde-roux, remonté en chignon et cerclé d'un n½ud du dernier chic. Ses goûts étant très prononcé en la matière, Nigel estimé Margaret comme une fort belle femme mais doté du plus affreux des caractères.
Il la salua de loin, protégé par les convenances et le mètre diamètre de sa robe à crinoline purpurine. Un véritable dilemme pour le séducteur qu'il était quand il s'agissait d'en franchir les remparts pour s'adonner à des jeux coquin, mais fort utile pour ne pas trop s'approcher d'une dame aussi froide de c½ur et d'âme.
Puis il salua son frère, Charles. Cet homme avait des traits semblables au sien et leur lien de parenté n'aurait pu être démentit. Mais des repas bien frugal avait eu raison de son corps et outragé son visage. Politicien et nourrit par de grande ambition, Charles espérait devenir bientôt l'un de ceux qui pourrait s'asseoir sur les bancs de la chambre des Ministres au Parlement. A voir tous l'acharnement et le travaille qui décuplait pour cela, Nigel ne doutait pas qu'il y parvienne bientôt.
— Charles, toujours la mine superbe, s'exclama Nigel avec authenticité.
— La tienne fait peur. Le voyage a dû être éprouvant.
Nigel sourit faiblement. Les deux hommes ce serrèrent la mains virilement car bien que frère ils n'avaient jamais eu le temps, ni l'opportunité de le devenir vraiment. Né dans une belle famille, les dix ans qui les séparaient, l'éducation étriqué et les institutions de renom les avaient séparé bien tôt et fait deux de simple camarade que la vie réunissait parfois au hasard. Interpellé par des cris d'enfant, Nigel chercha du regard le vaste parc qui dominait l'horizon pour y trouver celle qu'il affectionnait tant.
C'est alors que ses yeux rencontrèrent un visage bien agréable : Grace Helwett, jeune s½ur de Margaret. Dix sept ans, les cheveux d'un blond vénitien, que beaucoup lui enviait ; un visage de rêve, des yeux mutin et bleu. Un fraicheur qui n'avait de candide que l'apparence. Sans complexe, la jeune fille courrait jusqu'à lui, soulevant les innombrable jupon de sa robe blanche, au détriment de la pudeur.
— Nigel !
— Grace. Belle enfant !
Il l'accueillit dans ses bras chaleureusement la pressant contre lui avec plaisir. Grace était certes jeune mais elle montrait déjà avec volupté la femme en n'elle et savait faire naître en lui des envies bien masculine. Elle ne l'ignorait pas et en jouait même, se blottissant un peu plus contre son torse. Nigel profita de se moment délicieux. Car il escomptait bien faire de Grace sa maîtresse un jour. Et savait se souhait partagé. Les regards, les gestes et les mots ayant largement dépassé le cadre de la pudibonderie et ceux depuis un moment.
— Grace je t'en prie ! Ton comportement et inqualifiable ! Tonna Margaret.
La voix autoritaire du "dragon" obligea la jeune fille à se détacher, non sans un regard concupiscent.
— Voyons ma s½ur ce n'est qu'une chaste étreinte.
— Avec toi rien n'est chaste Grace !
— Tonton !
A cette appellation venue de par-derrière lui, le c½ur de Nigel se souleva de bonheur. Elle arrivait jusqu'à lui son petit amour chantant ; sa candeur et sa beauté faite enfant ; sa petite Eleanor. Elle portait ces tenus à la mode. Un pantalon bloomer de dentelle dépassant d'une ample robe immaculé. Ses cheveux aussi roux que ceux de ça mère, bouclés, tressautaient a chacun de ses mouvements et un ruban blanc parcourait le haut de sa tête.
Eleanor se jeta dans ses bras et rie a gorge déployé quand il la souleva pour la faire sauter dans les airs. Aussi belle que gracieuse, elle avait en plus hérité d'une bonté que Nigel avait rarement vu chez d'autre enfant. Pour le peu qu'il en n'est connu en tout cas.
— Tu m'as ramené un cadeau ? La voix était fluette et vive.
— Eleanor ! Ça ne se demande pas, réprimanda Margaret en se ressayant sur le fauteuil en osier.
— Bien sur que je t'ai ramené un cadeau ma chérie, fit Nigel sans se soucier de la mère.
Eleanor sauta sur place, en applaudissant et criant de joie. Margaret porta sa main au front, visiblement irritée pour la plus grande joie de Nigel. Trevor et un serviteur apportèrent à ce moment la malle dite " des curiosités". C'est dans ce bagage que Nigel mettait les cadeaux rapportés de ses voyages et quelque autres petites choses bien utile pour ses "périples", soigneusement caché dans un fond secret. Il l'ouvrit en grand et sortit une boîte, une marionnette chinoise. La poupée était celui d'une femme, habillée d'une riche robe rouge brodé d'or. Son teint blanc, son maquillage fort et le tintement des petit bijoux qui constellait sa grande coiffe firent l'admiration de la petite fille qui écarquilla les yeux.
— C'est une marionnette Eleanor. En chine, le théâtre est un art très fin et celui des marionnettes plus encore. Celle-ci c'est Jing-Jing. Une princesse.
— Elle est belle!
— Ce n'est pas un jouet ma chérie. Juste une décoration.
— Tu pourra la mettre dans ta chambre, sur ton lit Eleanor, fit Grace qui c'était approchée pour admirer le présent.
— Non ! Veux plus allez dans ma chambre.
— Eleanor ne recommence pas, interrompit sa mère.
Nigel fronça les sourcilles. Eleanor n'avait que très rarement montré le moindre caprice et une noeud se fit dans son estomacs l'alertant plus encore.
— Pourquoi ne veut-elle pas allez dans sa chambre ? Demanda t-il en s'approchant de Margaret avec entre ses mains un cadeaux.
— Oh ! Des caprices d'enfants. Voilà plusieurs jours qu'elle réveille tout la maison de ses cauchemars la nuit. Elle parle de monstres dans sa chambre qui font craquer le plancher et qui se déplace dans la brume. Une fois nous l'avons retrouvé par-terre criant à corps et à cris que c'était le monstre qu'il l'avait sorti de son lit - Margaret regarda sa fille - Le parquet craque parce que c'est du bois Eleanor et la brume était dans ta chambre car tu as ouvert la fenêtre de ta chambre. Et tu est tombée de ton lit car tu as fait un mauvais rêve. C'est la faute de Grace, qui lui raconte ses contes horrible avant de la faire dormir.
— Ma s½ur, je lui est juste racontée l'histoire du petit chaperon rouge. Il y n'y a rien de mal à cela !
— Mais depuis elle rêve de monstre.
La petite fille fit la moue et commença à pleurer. Nigel inspira longuement. Son expérience lui avait apprit à détecter la présence de l'Ombre. Une sorte de trace invisible et pénétrante qu'il percevait la plus part du temps difficilement. Les créatures de l'Ombre laissaient tant de chose derrière elle. Son échine fut vrillée d'un frisson, il ne sentit rien mais, son intuition le poussa à la curiosité. Il s'approcha de sa petite nièce la prit dans ses bras et la berça.
— Ne pleure pas ma chérie. Voilà ce que je vais faire. Je vais monter dans ta chambre et je vais chasser le monstre et toi tu pourras dormir tranquillement ce soir.
— Oui, répondit la petite fille entre deux sanglots.
— Nigel vous n'allez pas apporter plus de crédit à ses délires en jouant à ce jeux ?
— Si ça peut la rassurer, objecta Charles qui s'exprimer rarement sur l'éducation de sa fille.
Nigel apprécia ces propos d'une ½illade pour son frère et reposa délicatement sa nièce. Délicatement, il passa ses mains sur ses joues mouillés pour en chassé les sillons hyalin finit sa distribution, et s'éclipsa discrètement. Sur son chemin il rencontra Trevor affairé dans le petit salon a examiné consciencieusement le contenus et la présentation des plateaux pour le thé avant qu'ils ne soient amenés sur la terrasse.
— Trevor veuillez me préparer un scotch je vous prie.
— Tout de suite monsieur.
Sans prendre la peine de s'arrêter en chemin, Nigel monta les larges marches d'un escalier qui se séparait en deux ; se perdit dans un dédale de couloir qui n'avait plus de secret et entra dans la chambre réservé a Eleanor lors de ses séjours à White Hall. La chambre était aussi douce et belle que possible. Il l'avait faite rénové uniquement pour sa nièce. Des murs blanc, un lit en fer forgé, des édredons de dentelle, une petite table et des chaises basse pour un thé entre poupée ; un large tapis persan au couleur tendre et une grande cheminée, rendait l'ensemble agréable et propice au sommeille d'une petite fille.
Nigel inspira en s'approchant de la fenêtre. Un parquet qui craque, de la brume ... Il y avait tant de chose qui voyageait dans le brouillard et qui n'avait rien d'humain songea t-il. Par la fenêtre il vit Grace tournoyer sur elle même, se parant du châle qu'il lui avait ramené et rendit à Eleanor son sourire et le petit coucou qu'elle lui fit à grand renfort de sautillement. Puis, doucement, il ferma les rideaux et regarda par la porte une dernière fois, avant de la fermer à clés. Tranquillement il s'asseyait sur un rock in chair et se détendit, les mains sur ses genoux. Les yeux clos, il sentait la souillure dans cette pièce. Eleanor n'avait pas rêvé.
— Allez ... montre toi.
